Jacques Lacan, Portrait

Internacional dos Fóruns
Escola de Psicanálise dos Fóruns do Campo Lacaniano

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« Journée Européeenne d'École »

Le savoir du psychanalyste et son savoir faire
21-22 janvier 2017
Barcelona, Espagne
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Le savoir du psychanalyste et son savoir faire

Texte de Colette Soler pour la présentation de la Journée

Qu'un analyste sache beaucoup, pas de doute. D'abord par sa propre analyse puisque l'on peut dire "la psychanalyse, didactique", la virgule indiquant qu'il n'y en a pas d'autre, chacune étant un enseignement. Ensuite par ses études diverses des textes de ceux qui depuis plus d'un siècle, de Freud à Lacan, ont tenté d'en conceptualiser l'expérience. Cependant, la question porte sur le savoir dont il opérer dans le particulier des cas et qui rend possible ce que Lacan a nommé l'Acte proprement analytique.

Quand Lacan intitule ses conférences à Sainte Anne de 1970, "Le savoir du psychanalyste", il précise qu'il s'adresse à des cliniciens autres que le psychanalyste, les éventuels internes en psychiatrie qui pourraient être présents. C'était pour leur dire que depuis Freud, dans la psychanalyse, il n'y a pas d'autre voie d'accès au réel du parlant, que celles qui passent par le langage. De son analysant lui-même dont il ignore tout au départ, l'analyste ne saura donc au terme que ce que le dire analysant aura écrit avec l'aide de l'interprétation sur le "mur du langage", de fantasme à symptôme.

Ce terme de savoir que Lacan a introduit dans la psychanalyse y est paradoxal. D'abord parce que l'ICS c'est plutôt ce que l'on ne sait pas justement, de l'insu donc, et parce le modèle du savoir que donne la science exclut par définition la subjectivité, laquelle n'implique que des vérités singulières. Lacan a donné une jolie formule du paradoxe : les analystes sont "les savants d'un savoir dont ils ne peuvent s'entretenir" et dont on sait juste qu'il leur vient de leur propre analyse poussée jusqu'à ses conséquences. Et de rêver du vrai savoir de la mathématique, dont les mathématiciens peuvent s'entretenir, quoique sa gestation soit sans fin.

Il n'empêche, la question se pose de ce qu'il "doit" savoir l'analyste, de ce qu'il a "à savoir" selon les expressions de Lacan dénonçant "la mystagogie du non-savoir".

Qu'est-ce donc ? Qu'il y a de l'ICS ? Ce qu'est l'ICS ? ses conséquences réelles ? Ce qui opère d'analyste à analysant dans le dispositif inventé par Freud ? Ce qu'est le terme du processus ? Etc.

Lacan a produit l'acte analytique, notion structurale solidaire de la mise en exercice de l'ICS en chaque analyse, pour marquer que la fonction causale, opératoire de l'analyste est fonction du savoir acquis dans son analyse. Mais le savoir-faire, n'est-il pas autre chose, et qui ramène aux contingences des particularités ? Lacan l'a évoqué à l'occasion, notant que l'on n'est responsable que dans la limite de son savoir -faire, justement. C'est dire qu'on ne l'impute pas aux choix du sujet, ce savoir-faire. Viendrait-il alors des dons de la nature ? On le suppose en tous cas inégalement réparti, plus près des capacités que du savoir. De manière générale en effet, de la cuisinière à l'artiste en passant par les arts libéraux, un savoir-faire est un faire dont aucun savoir articulable ne répond. Et cependant, dans certains domaines, il s'acquière partiellement par l'exemple et se perfectionne par l'exercice, tel "le tour de main" de la cuisinière. Mais pour l'analyste, pas d'exemple qui tienne pour son acte, il lui faut réinventer ; pas d'exercice non plus, car ce qui s'accumule d'expérience a plutôt des effets d'enlisement - et en outre, ce ne sont pas ses mérites propres qui sont en question car l'analyse n'est pas... son œuvre.

A quoi peut-il s'appliquer dans l'analyse ? A l'approche de l'ICS, au "maniement" du transfert, au savoir y faire avec la vérité, au faire semblant d'objet ?

Ira-t-il alors dans le sens de la routine du psychanalyste fonctionnaire sachant appuyer sur les bons boutons , ou plutôt dans le sens d'une inventivité quasi artistique ?

Mais surtout, d'où vient-il puisqu'il n'est pas application d'un savoir ? Avec sa légère connotation de talent personnalisé n'est-ce pas lui qui ramène l'obscure composante personnelle que toute la formation analytique vise à contenir pour rendre possible la fameuse "neutralité bienveillante" dont parlait Freud, cette mise en suspens des caractéristiques propres de l'analyste sans laquelle la psychanalyse vire à la rééducation normative ? Ne serait-il pas, dans la cure, l'ultime incidence de l'être propre de l'analyste, qu'on la mette au compte de son fantasme ou de son symptôme ? Comment s'assurer dès lors que la fécondité qu'on lui impute et dont on fait compliment parfois à tel ou tel, ne donne tellement à l'acte couleur de singularité, qu'elle ne s'émancipe des finalités analytiques ?

Colette Soler, 24 juillet 2016

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La Commission Scientifique est composée par les trois secrétaires des secrétaritas de la passe en Europe et par les trois membres européens du Conseil d'animation et d'orientation de l'Ecole (CAOE).

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